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Economie collaborative, qu’en est-il dans les transports?

Début juin, la Commission européenne a publié un « agenda sur l’économie collaborative » faisant largement écho à l’émergence de plateformes comme Uber (exemple ici ou ). La commission définit l’économie collaborative comme « des business models dont l’activité est facilitée par des plateformes collaboratives qui créent des places de marché ouvertes pour l’utilisation temporaire de biens ou services souvent fournis par des particuliers ». Elle précise également que « les transactions de l’économie collaborative n’incluent souvent pas de changement de propriétaire et peuvent être réalisées dans le but de faire un profit ou à titre non-marchand ». Mais il y a environ autant d’auteurs que de définitions de ce phénomène (quelques exemples de définitions par le Conseil National du Numérique, l’Institut de l’Entreprise ou même… les Sénateurs !).

Plusieurs plateformes de transport de personnes (comme Uber, Heetch ou BlablaCar) revendiquent leur appartenance à l’économie collaborative. Sans que cela ne fasse toujours l’unanimité: ainsi, le Député Pascal Terrasse (auteur d’un rapport sur le sujet) juge que « l’économie collaborative, ce n’est pas l’uberisation ».

L’Observatoire n’a vocation ni à définir l’économie collaborative ni à juger de son périmètre. Mais pour tenter de mieux comprendre ce phénomène dans le secteur des transports, nous avons recensé les principaux critères utilisés pour définir l’économie collaborative et les avons confrontés aux modèles des principaux intermédiaires existant dans le secteur du transport de personnes. A vous de vous faire votre opinion.

 

Taxis
G7, Taxis Bleus

Alpha
Taxis

Uber,
Chauffeur privé

UberPop

(Le service a été suspendu en juillet
2015)

Heetch

BlablaCar

L’intermédiaire
est-il une plateforme en ligne de mise en relation ?

Oui mais pas seulement (réservation par téléphone également)

Oui mais pas seulement (réservation par téléphone également)

Oui

Oui

Oui

Oui

Le chauffeur est-il un particulier ou un professionnel ?

Professionnel taxi, travailleur indépendant le plus souvent (artisan ou locataire-gérant)

Professionnel
taxi, travailleur indépendant co-actionnaire
de la centrale (Alpha Taxis appartient à une
coopérative dont les chauffeurs sont « 
sociétaires
coopérateurs
»)

Professionnel VTC,
travailleur indépendant
(le plus souvent autoentrepreneur)

ou professionnel LOTI, travailleur indépendant ou salarié
(peu de données disponibles sur le statut des chauffeurs sous licence LOTI)

Particulier (sauf à partir de mars 2015 : Uber avait demandé
aux chauffeurs UberPop de devenir autoentrepreneurs)

Particulier

Particulier

Qui fixe le prix des courses ? Ce prix permet-il de réaliser un profit ?

L’Etat. Le prix des
taxis est réglementé mais G7 propose parfois des
rabais (les chauffeurs continuent à toucher le prix officiel) et Taxis Bleus propose des forfaits à 10 euros (de même, les chauffeurs continuent à toucher le prix officiel).

Le prix est supérieur au coût de la course et permet de réaliser un profit.

L’Etat. Le prix des
taxis est réglementé.

Le prix est supérieur au coût de la
course et permet de réaliser un profit.

Uber,
Chauffeur privé.

Le prix est supérieur au coût de la course et permet de réaliser un profit.

Uber.

Le prix était supérieur au coût de la course et permettait de réaliser un profit (Uber a été condamné
pour avoir présenté « comme du covoiturage une offre payante de
transport de personnes »).

Heetch
« suggère » un prix
, que le passager peut modifier (en pratique, le passager donne le plus souvent le
montant suggéré car il est ensuite noté par le chauffeur).

Le prix est supérieur
au coût direct de la course
même si le chiffre d’affaire réalisé est plafonné pour ne pas permettre
au conducteur de gagner plus que le coût de l’entretien de sa voiture personnelle (estimé par Heetch à 6 000
euros annuels).

Le conducteur mais Blablacar fixe un prix maximal et impose une méthode de calcul: il doit être
environ égal au coût de la course (essence + péage) divisé par le nombre de
passagers (Blablacar considère que le conducteur paie déjà sa place en payant
l’assurance et le coût d’entretien du véhicule tout au long de l’année).

Par conséquent, le prix ne permet pas de réaliser un profit.

Les revenus des chauffeurs sont-ils soumis à la fiscalité ?

Oui

Oui

Oui

Non
dans la mesure où ce sont des particuliers.
Mais leur statut de « particulier » fait débat (à partir du moment où le chauffeur génère un profit, n’agit-il pas comme une entreprise et ne doit donc-il pas payer des impôts ?). Uber a d’ailleurs fini par demander à ses chauffeurs de s’inscrire comme autoentrepreneurs (et donc de payer des charges et impôts).

Non
dans la mesure où ce sont des particuliers.
Mais leur statut de « particulier » fait débat (à partir du moment où le chauffeur génère un profit, n’agit-il pas comme une entreprise
et ne doit donc-il pas payer des impôts ?).

Non

La plateforme possède-t-elle les actifs avec lesquels sont réalisées les prestations?

Généralement
non :
cela n’est pas
nécessaire pour effectuer de la mise en relation. Mais le groupe G7 (actionnaire
de Taxis G7 et de Taxis Bleus) possède
763 licences de taxi (sur les 18 000 en circulation à Paris).

A noter que le groupe G7 possède également d’autres actifs en lien avec le secteur : une entreprise de taximètres et un atelier de réparation de
véhicules notamment.

Oui : le groupement Gescop (dont les
chauffeurs sont actionnaires et dont Alpha Taxis est une filiale) possède les
1 200 licences exploitées par les chauffeurs coopérateurs.

A noter que le groupement Gescop
possède également d’autres actifs en lien avec le secteur : un atelier de carrosserie et un centre de formation taxi notamment.

Généralement
non 
: cela n’est pas
nécessaire pour effectuer de la mise en relation. Mais Chauffeur privé
possède par exemple
des véhicules qui sont loués aux chauffeurs.

Non

Non

Non

Qui décide de la destination ? (Le
Code des transports définit le covoiturage comme un trajet
« effectué pour le compte du conducteur »)

Le passager

Le passager

Le passager

Le passager

Le passager

Le conducteur

La plateforme permet-elle au passager d’utiliser un véhicule qu’il ne possède
pas ? 
(utilisation de biens et de services) 

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Publié le 17 juin 2016

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Un commentaire

  1. Mr shah dit :

    ancien taxi parisien pendant 20 ans comme artisan,je viens de crée une sas et je travaille pour Uber sur leur plateforme comme chauffeur,j’attire vôtre attention après
    Uber X ,il y a maintenant Uber-Pool, et actuellement UBER fait une campagne d’information clients et chauffeurs ,ce n’est pas rentable pour les chauffeurs ,ce ne sont que
    des forfaits et quand on est pris dans les embouteillages de Paris ….. on perd sa chemise ,naturellement c’est valable pour les clients en plus il font 30 % de remise.
    je ne comprends pas que ces courses de co-voiturages donc collectif sont donnés au vtc dit transports non collectif ,,ce genre de courses ne devrait être donné
    uniquement au capacitaire dit transport collectif,a vous de jugez !! donc en résumé nous prenons 2 clients maximun puis le smarphone nous recevons un deuxième commande pour aller chercher une ou 2 autres personnes en suite la dépose est faite par un algorhyme qui détermine qui on doit déposé en premier ,,????
    ca c’est du transport collectif et en plus la commission varie de 10% à 35 % pour uber-pool . ne pas communiquer mon email merci jimmy

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