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L’Observatoire interroge les principaux syndicats

Après plusieurs semaines de discussions, qui ont fait suite à la publication du rapport de M. Grandguillaume, le gouvernement dévoilera lundi ses propositions pour mettre un terme au conflit qui oppose les taxis, VTC et LOTI. Quelles sont les organisations, taxi et VTC, qui auront sur convaincre les autorités ? L’Observatoire interroge aujourd’hui les principaux syndicats représentatifs des chauffeurs du secteur afin de connaître leurs principales demandes et publier un bilan la semaine prochaine.

Les organisations suivantes ont répondu à nos questions :

  • Fédération française des exploitants de voiture de transport avec chauffeur (FFEVTC)
  • Union Nationale des Syndicats Autonomes -Syndicat des Chauffeurs Privés VTC (UNSA SCP-VTC)
  • GESCOP (taxi)
  • FO – UNCP (Union nationale des Chauffeurs Professionnels)
  • Fédération Nationale du Taxi (FNDT)
  • Chambre Syndicale Nationale des Entreprises de Remise et de Tourisme (CSNERT)

Nous en avons fait une synthèse, en espérant avoir correctement traduit les propos des personnes interviewées. L’Observatoire publiera les réponses des organisations qui souhaitent participer et que nous n’avons pas pu joindre.

 

Selon vous, faut-il chercher à distinguer les professions et réglementations,  au contraire les harmoniser voire les fusionner, ou bien ne rien changer ?

FFEVTC Un chauffeur doit avoir le droit de conduire à la fois un taxi et un VTC. A long terme, il faut donc qu’il y ait un tronc commun au niveau des examens. Néanmoins, les VTC et les taxis doivent conserver des rôles et avoir des clientèles différentes – les premiers doivent travailler avec une réservation préalable et un contrat, sur toute la France, alors que la licence des taxis doit rester attachée à un périmètre géographique.
UNSA SCP-VTC Si les métiers sont identiques sur certains points, ils diffèrent largement sur d’autres et cette distinction doit être claire : le chauffeur VTC s’inscrit dans une démarche entrepreneuriale. Il a une obligation de qualité supérieure qui justifie aussi une tarification légèrement plus élevée que celle des taxis, et qui lui permet de ne pas être sous perfusion des centres radios.  Du coup, si certains UV d’examens pourraient être communs (règlementation, Sécurité etc.) il faudrait un module spécifique à chaque métier. Les LOTI quant à eux devraient avoir une équivalence pour devenir VTC
GESCOP Si la base est commune, les deux professions sont complètement différenciées. Il faut donc qu’elles aillent toutes les deux dans leur champ de compétence respectif.
FO-UNCP Le tronc commun qui doit être mis en place suite aux groupes de travail est une bonne chose pour les chauffeurs de VTC
FNDT Le tronc commun d’examens peut être une bonne chose, l’idéal, eu final, étant que les taxis absorbent les « faux VTC » qui font aujourd’hui le même métier (ce qui n’était pas le cas de la Grande Remise).
CSNERT Il faut que tous les acteurs soient consultés pour mieux définir les métiers, avec leurs subtilités (nous revendiquons notamment le droit de faire une qualité supérieure à celle des taxis) – cela mettrait fin à l’anarchie actuelle. Chacun doit marquer son territoire, même les LOTI. Cela n’empêche pas néanmoins d’avoir une formation commune

Commentaire de l’Observatoire : il semble qu’un point d’accord possible entre la majorité des organisations interrogées soit celui d’une distinction renforcée entre taxis et VTC via une montée en gamme de ces derniers (une sorte de « retour à la Grande Remise) et la possibilité pour les chauffeurs qui le souhaitent d’exercer les deux métiers, via des examens qui comportent une partie commune et des points spécifiques. La question des LOTI reste néanmoins en suspens

 

Que pensez-vous de la proposition de Laurent Grandguillaume de renforcer les contrôles ?

FFEVTC Les contrôles ont été renforcés et il faut que cela continue (nous n’avons encore que 70 Boers sur toute la France pour 50000 transporteurs)
UNSA SCP-VTC Les contrôles ne sont pas la bonne réponse. Puisqu’on constate que certains opérateurs jouent les faux taxis pour séduire les jeunes,  mieux vaudrait les aider à devenir de vrais taxis – les VTC restant, eux, sur leur clientèle spécifique.
GESCOP Les contrôles ont été renforcés. Et il faut les renforcer dans toutes les professions. Cependant, avec le laisser-faire et le retard pris, le risque est que cela soit trop tard
FO-UNCP Le renforcement des contrôles est une de nos demandes principales, mais le gouvernement ne suit pas, surtout au niveau des gares et aéroports.  Du coup, nous avons été obligés de mettre en place 200 « taxis informations »  dans ces lieux,  pour informer les passagers et limiter le racolage. Nous faisons le travail de la police. Le contrôle est une bonne chose quand il est appliqué.
FNDT Ce ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau supplémentaire. Nous  espérons plus de contrôles, mais pour le moment, nous pensons que les autorités ne vont pas bouger.
CSNERT Il est parfaitement légitime qu’il y ait sanction quand la réglementation n’est pas respectée. Mais aujourd’hui les contrôles sont des opérations coups-de-poing qui ne vont pas durer. Certains acteurs et certaines sociétés devraient être ciblés.

Commentaire : la quasi-totalité des organisations est favorable à un renforcement effectif et durable des contrôles

 

Que pensez-vous de sa proposition relative au fonds d’indemnisation pour les chauffeurs ?

FFEVTC Il est normal que l’Etat rachète les licences via un fonds de garanti alimenté par une taxe sur les applications qui ont positionnées leur offre sur le marché des taxis sans avoir à payer la licence. Ce n’est pas le cas de la Grande Remise.
UNSA SCP-VTC Les taxis intelligents ne veulent pas d’une indemnisation, car qui devrait payer et au nom de quoi ? Si une taxe est créée, elle devrait donner droit à des contreparties comme le droit à la maraude électronique ou l’accès aux voies réglementées. La question de l’indemnisation devrait tomber à l’eau.
GESCOP Ses modalités sont si floues qu’il est difficile d’en penser quoi que ce soit. Mieux vaut qu’il n’y ait pas d’indemnisation des licences et que la loi du marché fasse son travail.
FO-UNCP L’idée peut être bonne. Il faut l’éclaircir. L’indemnisation devrait dans tous les cas être facultative et uniquement pour ceux qui le souhaitent.
FNDT Ce serait un coût pour les taxis, qui devraient apparemment contribuer au fonds de soutien pour racheter leurs propres licences. Seule une prise en charge par les plateformes serait acceptable.
CSNERT L’Etat est à l’origine de la situation actuelle.  Pourquoi les chauffeurs indépendants VTC devraient-ils payer ? Si indemnisation il y a, nous demandons que ce soient les seules plateformes, à l’origine des problèmes, qui y participent.

 Commentaire : Les imprécisions actuelles quant aux modalités du fonds d’indemnisation rendent difficiles un accord des organisations

 

Quelles sont vos trois principales revendications ?

FFEVTC 1. Redonner à notre métier son statut d’antan, celui de la grande remise
2. Permettre à nos chauffeurs d’avoir une formation avec examen.
3. Remplacer, pour la personne chargée de faire passer les examens, la mention « d’honorabilité » par celle « d’assermentée », pour qu’elle puisse authentifier les copies. L’examen  doit en effet être sûr pour qu’il soit le signe d’une vraie formation pour les chauffeurs. C’est vital.
UNSA SCP-VTC 1 – Dans l’immédiat nous réunir avec les taxis.
2 – Reconnaître notre métier VTC – qui n’est pas celui des applications exploitant comme des esclavagistes des chauffeurs sous prétexte de permettre de faire travailler des jeunes de banlieue.
3 – Augmenter le nombre de licences de taxis. Le schéma parfait est que les VTC soient inférieurs au nombre de taxis, afin  qu’ils ne soient pas manipulés par les plateformes et offrent un service de qualité.
GESCOP 1 – Réintégrer la LOTI dans la refonte de la loi.
2 – Etablir un contrôle absolu du transport des personnes (tous les acteurs doivent être soumis aux règles).
3 – Faire en sorte que les plateformes ne contribuent plus à la fuite des capitaux.
FO-UNCP 1. Créer le fonds de garantie (perte du coût des licences).
2. Etablir un contrôle électronique des plateformes.
3. Imposer aux VTC une plaque scellée pour mieux les identifier
4. Relever le seuil de passagers pour les LOTI et les transports scolaires
FNDT Faire appliquer la loi
CSNERT 1. Remettre en place la grande remise, qui doit pouvoir servir les touristes haut de gamme.
2. Clarifier les choses pour que chacun puisse travailler loyalement.
3. Ne pas autoriser l’utilisation du statut d’autoentrepreneur actuel dans notre profession – il est totalement inadapté. Les Taxis obligés de se remettre en cause et que le marché se modernise.
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