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Pour qui roulent les chauffeurs de VTC ?

Si vous cherchez dans le registre des  exploitants de voitures de tourisme avec chauffeur, vous ne trouverez pas Uber, parmi les 7.213 personnes physiques et morales immatriculées à ce jour … et pourtant c’est bien cette société qui a lancé le débat qui oppose les VTC avec les taxis. Derrière Uber, d’autres sociétés on emboité le pas en proposant des services similaires d’application de réservations de voitures avec chauffeur : Snapcar, Chauffeur privé, Le Cab, Allo Cab. Ces dernières en revanche sont inscrites dans le registre et annoncent entre quelques centaines et un peu plus d’un millier de chauffeurs (et donc de voitures). Mais ces chauffeurs sont pour la plupart indépendants titulaires d’une autorisation de transport de personnes ou salariés d’une société de transport.

Il y a donc souvent entre les sociétés d’application de réservations de VTC et les chauffeurs des intermédiaires et qui dit intermédiaires dit rémunération. Penchons nous aujourd’hui sur ces acteurs dont peu de personnes parlent dans le débat qui nous intéresse.

De nombreuses sociétés de transport “recrutent” en effet des chauffeurs indépendants pour les placer chez Uber ou Chauffeur Privé principalement (voir les annonces ici, ou encore là). Il s’agit principalement d’anciens de la grande remise voire même des entreprises d’informatique … Alors dans les marges annoncées par les sociétés d’application de réservations de VTC il faut retirer celles prises par ces intermédiaires. Les chauffeurs de VTC, pour la plupart indépendants nous l’avons dit, travaillent donc pour des sociétés qui travaillent elles même pour les applications de réservation de voitures.

La première décision du médiateur, le député PS Thomas Thévenoud de gel provisoire des immatriculations de VTC aura donc eu comme effet principal d’augmenter le nombre d’intermédiaires entre le chauffeur et le client final ; Or si le prix de la course n’a pas augmenté, cela a mécaniquement diminué la part restant pour le chauffeur. En effet, puisqu’un nouvel entrant ne peut plus s’inscrire au registre Atout France, le passage par un intermédiaire déjà inscrit est obligatoire. Ainsi, les entreprises disposant d’une immatriculation VTC (étant du secteur du transport ou non) cherchent à la rentabiliser en plaçant leurs chauffeurs, voire en sous-traitant à d’autres. Uber cherche d’ailleurs maintenant à contracter directement (sans intermédiaires) ses chauffeurs indépendants à la seule condition qu’ils soient inscrits sur Atout France (puisque Uber ne l’est pas).

Pour modérer cette tendance, il convient de noter que les entreprises citées plus haut ont quelques chauffeurs salariés (en très faible pourcentage). Elles ne communiquent d’ailleurs pas sur ce chiffre mais demandent toutes dans leurs “offres d’emploi”, d’être indépendant. La seule qui s’était positionnée sur ce modèle économique, Les Voitures Jaunes (107 salariés et une trentaine de chauffeurs franchisés) a été déclarée en cessation de paiement en décembre 2013, prouvant la difficulté du modèle “salarié”. Le grand nombre d’emplois promis dans le secteur reste donc encore à venir (surtout si l’on déduit les emplois en indépendant).

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Un commentaire

  1. TONTON dit :

    UBER loue la licence Atout France à travers la société HINTER SAS!!! Renseignez vous et dites la vérité !!

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