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Quand l’Open Data s’invite dans le débat

« Permettre aux taxis d’accéder au marché de la maraude électronique en facilitant à tout éditeur d’application la mise en relation clients et chauffeurs en temps réel »… C’est en s’appuyant sur cet objectif officiel, exprimé dans son rapport, que le député Thomas  Thévenoud a inscrit, dans la proposition de loi déposée la semaine dernière, la nécessité de créer un « registre de disponibilité des taxis » qui garantira la mise en place de « l’Open-data taxi ». Voilà qui, pour tout un chacun, semble quelque peu compliqué à comprendre. Qu’est ce que l’Open data ? Il s’agit en fait d’un mouvement de fond, qui consiste en une philosophie d’accès à l’information et une pratique de publication de données librement accessibles et exploitables. Elle s’inscrit dans une tendance qui considère l’information publique comme un bien commun dont la diffusion est d’intérêt public et général. Le développement de l’Open Data est devenu un objectif de politique publique avec la création d’Etalab en 2011, qui coordonne l’action des services de l’Etat et de ses établissements publics pour faciliter la réutilisation la plus large possible de leurs informations publiques. L’Open data est aussi un sujet d’actualité : le rapport sénatorial de M. Jean-Jacques HYEST et Mme Corinne BOUCHOUX, publié en mai 2014, fait 16 propositions pour améliorer le droit d’accès à l’information publique. Parmi elles : le recensement de l’ensemble des bases de données publiques (nature, qualité et caractéristiques techniques), afin d’évaluer  l’opportunité et le coût de leur ouverture et d’établir une cartographie systématique sur cette base. Ou encore l’anticipation de l’ouverture des données dès le stade de leur production ou de leur recueil.

Le rapport entre ce mouvement et la volonté affirmée, par Thomas Thévenoud, de rétablir « le monopole des taxis sur le marché de la maraude » est-il si évident ? La réponse, apparemment, ne l’est pas. Les VTC pourraient en effet être favorisés par l’accès aux informations publiées par les chauffeurs de taxis et la réciproque n’est pas garantie. Sachant que les intermédiaires de VTC réalisent environ 20% de marge sur les courses qu’ils donnent à leurs « partenaires » chauffeurs, seront-ils vraiment inciter à donner aussi des courses aux taxis, même si ces derniers sont plus proches du lieu de la commande ? Sauf durant les heures de pointe évidemment, lorsqu’il n’y a aucun VTC dans les parages…

Autre point d’interrogation, le rapport sénatorial sur l’Open data regrette qu’à l’heure actuelle le mouvement d’ouverture des données ne soit pas à la hauteur « des attentes de la société civile ni des enjeux stratégiques, démocratiques et économiques pour le pays » comme le mentionne le rapport. Plus de 50% des informations publiables ne sont en effet pas accessibles au grand public, alors que persistent les difficultés d’identification du document pertinent et de l’information recherchée, la lenteur de l’administration, les difficultés techniques et méthodologiques ainsi que  l’insuffisance de compétences internes et de moyens.

Frédéric Cuvillier, Secrétaire d’Etat aux  des transports, lançait officiellement en février dernier dans une tribune rédigée avec Fleur Pellerin dans le Huffington Post le débat sur l’Open data appliqué aux transports[1]. Il réaffirmait dans un entretien accordé à la Tribune en juin[2] qu’il voulait « optimiser les services numériques offerts aux voyageurs et maximiser l’avantage économique de l’open data en France » et que l’objectif du débat lancé devait permettre « d’accompagner progressivement la France dans ce mouvement mondial de réutilisation des données publiques liées à la mobilité, sans fragiliser pour autant la position des opérateurs français ».

Dans ce contexte, créer un registre numérique de disponibilités géré par l’Etat et où seules les données des taxis seraient publiées n’est-il pas difficile à mettre d’ores et déjà en œuvre et n’est il pas en l’état des choses contraire à l’objectif officiel du projet de loi, censé rééquilibrer la concurrence entre les acteurs ?   Suite de la discussion  à partir du 10 juillet, à l’Assemblée.

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Un commentaire

  1. Frédéric dit :

    “Au plus près”.
    Chose impossible pour un taxi.On ne peut pas stationner en libre n’importe où,la station est obligatoire.La promenade à ses limites.

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