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Quelques données sur les taxis et leurs usagers

Fin 2015, le bureau d’études 6t, spécialisé sur “la mobilité et l’urbanisme”, a réalisé une enquête (financée sur ses “fonds propres”) auprès de 990 utilisateurs du taxi en France. Si les résultats détaillés de cette dernière ne sont pas accessibles librement, 6t a publié quelques chiffres intéressants que L’Observatoire vous résume.

A noter que le cabinet 6t avait également réalisé pour Uber en octobre dernier une étude sur les usagers des VTC et des “services avec conducteur occasionnel” (type UberPop) mais les différences de méthodologie et d’échantillon rendent toute comparaison entre utilisateurs des taxis, des VTC et des services “type UberPop” impossible.

  •  L’utilisatrice-type du taxi

Le cabinet 6t dresse un portrait-robot de l’utilisateur du taxi en France: il s’agit en fait d’une utilisatrice (57% de femmes), âgée de 42 ans, travaillant à temps plein et dont le ménage gagne en moyenne 3 870 euros nets par mois. Elle vit en milieu urbain, mais plutôt en périphérie.

  • Deux grandes catégories d’utilisateurs

Au-delà de ces moyennes, il existe en fait deux profils types d’utilisateurs du taxi en fonction de leur lieu de résidence:

  • Les premiers habitent une agglomération de moins de 100 000 habitants et sont issus de catégories socioprofessionnelles dites inférieures (42% d’entre eux n’ont pas fait d’études supérieures) ou sont retraités. Ils prennent le taxi uniquement à titre personnel, “notamment” [6t ne donne pas de chiffre] pour accéder à des services médicaux -dans 78% de ces cas, le trajet est alors remboursé par la Sécurité sociale. Ils ont souvent affaire au même chauffeur, ainsi près de la moitié d’entre eux (49%) seraient prêts à “laisser leur enfant non accompagné dans un taxi”.
  • Les seconds habitent une agglomération de plus de 100 000 habitants, ont un niveau de diplôme plus élevé et sont cadres ou exercent profession intellectuelle (CSP+). Ils prennent le taxi aussi bien à titre professionnel que personnel –dans ce cas, c’est principalement pour se rendre dans les gares et aéroports ou pour “sortir le soir”. Seuls 29% d’entre eux seraient prêts à laisser leur enfant non accompagné dans un taxi.
  • Le trajet-type: 11 kilomètres en semaine

Le trajet moyen en taxi dure 23 minutes pour 11 kilomètres et coûte 22,50 euros. Dans 63% des cas, ces déplacements sont réalisés pendant la semaine, dont 50% en journée et 13% en soirée.

  • Pour aller où? D’abord dans les gares et aéroports

L’accès aux gares et aéroports est le premier motif d’utilisation d’un taxi (36% des motifs de la dernière course effectuée par la personne interrogée), suivi des “sorties” (cinéma, restaurant, etc.: 20%) puis des déplacements professionnels (14%) et de l’accès aux services médicaux (12%).

  • Les taxis sont plutôt commandés que hélés

La plupart des courses sont précédées d’une réservation: lors de leur dernière course, 30% des utilisateurs ont commandé le taxi par téléphone ou internet (48%) ou via une application (7% des courses). 30% d’entre eux se sont rendus à une station, et seuls 13% ont hélé le taxi dans la rue.

  • Des attentes en matière de tarifs et de disponibilité

Enfin, 6t a interrogé les utilisateurs sur leurs opinions et leurs attentes vis-à-vis des taxis. Au final, si l’expérience du taxi est jugée “relativement satisfaisante” [6t ne donne pas de chiffre], le mot qui revient le plus pour le décrire est “cher”. Les trois principales attentes des utilisateurs sont, dans l’ordre:

  • La “garantie de pouvoir payer par carte bancaire sans montant minimum”. A noter que la loi du 1er octobre 2014 a rendu obligatoire l’équipement des taxis en “terminaux de paiement électronique” mais n’interdit pas aux chauffeurs de fixer un montant minimum pour payer par carte.
  • Une “tarification fixe pour chaque type de trajet (dans le centre-ville, en périphérie, vers l’aéroport etc.) plutôt qu’un tarif à la minute ou au kilomètre. A noter qu’à partir du 1er mars 2016, des forfaits seront instaurés entre Paris intra-muros et les aéroports d’Orly et de Roissy.
  • Le “renforcement de la disponibilité des taxis dans la rue”.

Capture

Publié le 14 janvier 2016

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Un commentaire

  1. StephLyon dit :

    Le « renforcement de la disponibilité des taxis dans la rue ».
    Une mesure préconisée dans les années 90 à Lyon par une étude du laboratoire des transports. Il était même demandé à l’époque de réduire les stations de taxis et d’en créer d’autres afin de créer une offre dans toute la zone de prise en charge . L’amélioration des stations avec une signalétique lumineuse et abris avait également été préconisé. Plus de 20 ans après le bilan est toujours catastrophique .Sous pression des centraux radio qui voulaient s’accaparer le marché , rien a été réellement fait. Aujourd’hui la plupart des taxis se trouvent aux mêmes heures et aux mêmes endroits. On avait raison 20 ans en avance ! Cela fait plaisir mais ça ne règle toujours pas le problème. Grâce à l’Open Data et à des applications spécifiques un taxi aujourd’hui devrait savoir où des clients ont besoin de taxis au lieu de multiplier les trajets à vide. Les bornes de taxi “intelligentes” restent à créer .

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